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VIDÉO — LA RESTAURATION DE L'HORLOGE À LONGITUDE N°XXX

Rossella Baldi

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Au 18ème siècle, Ferdinand Berthoud concevait de véritables garde-temps : les chronomètres de marine permettaient de « conserver le temps » lors de voyages en mer, seule référence rendant possible le calcul de la longitude. Certains de ces instruments de mesure sont empreints d’histoire, comme l’Horloge à Longitude N°XXX qui a récemment rejoint la collection de M. Karl-Friedrich Scheufele au sein du L.U.CEUM à Fleurier.

En 1787 à Paris, Ferdinand Berthoud, alors Horloger-Mécanicien du Roi et de la Marine sous le règne de Louis XVI, termine la conception d’un nouveau modèle d’Horloge à Longitude à ressort moteur, la N° XXX (trente), indiquant les heures, minutes et secondes sur trois compteurs distincts.

Le 11 septembre, il livre la pièce au Marquis de Chabert (1727-1805), officier et directeur du dépôt des cartes et plans de la marine française, qui la confie à M. Jean-Louis Delmotte (1752-1816) alors sous-lieutenant de vaisseau qui l’embarque pour une traversée à destination des Amériques.

Cette horloge est ensuite remise le 31 octobre 1790 à M. de Choiseul-Gouffier. Diplomate français, ce dernier a notamment réalisé plusieurs voyages en mer Egée et a édité une publication en trois tomes, Voyage pittoresque de la Grèce, qui remporte un grand succès.

A la période où il reçoit l’horloge à longitude, Choiseul-Gouffier est ambassadeur à Constantinople, un poste qu’il occupera de 1784 à 1791.  Lors de la Révolution française, il émigre en 1792 en Russie, où il sera nommé directeur de l'Académie des Arts et des Bibliothèques impériales. Il ne reviendra en France qu'en 1802.

Ce type d’horloge, plus connu sous l’appellation de « chronomètre de marine », est un « garde-temps » car elle conserve avec précision tout au long du voyage l’heure du port d’embarquement, ceci malgré les variations de température, d’humidité, le tangage et le roulis du bateau lors de la navigation en haute mer. Elle permet ainsi à l’officier de bord de déterminer, grâce à des observations astronomiques, la position Est-Ouest du bateau, soit la longitude, et de tenir le cap.

L’exactitude de ces instruments de mesure était primordiale pour le navigateur, une minute représentant 14.903 miles nautiques (27.60 Km de distance) d’écart sur la route prévue. La quête de précision a habité Ferdinand Berthoud pendant toute son existence et continue aujourd’hui à jouer un rôle fondamental dans la conception des chronomètres réalisés par la Chronométrie Ferdinand Berthoud.

Une remarquable collection de livres et de chefs-d’œuvre horlogers signés Ferdinand Berthoud, constituée patiemment au fil du temps par M. Karl-Friedrich Scheufele au sein du L.U.CEUM à Fleurier, est aujourd’hui la source d’inspiration première pour la conception des garde-temps issus de la Chronométrie Ferdinand Berthoud.

La conservation et la restauration de ces témoins du passé est au centre de toutes les attentions. Afin de rendre aux objets leur bon fonctionnement, sans les priver de la patine du temps, il est nécessaire de faire appel à des artisans restaurateurs spécialisés maîtrisant des techniques ancestrales. Un travail de longue haleine, précédé de recherches historiques approfondies, est nécessaire à l’accomplissement de la préservation d’un patrimoine important, témoin du génie d’un horloger du Siècle des Lumières.

Découvrez la restauration de l’horloge à longitude N°XXX (trente) de Ferdinand Berthoud, qui a retrouvé un aspect proche de celui qu’elle avait en 1787 et désormais rejoint le L.U.CEUM.

 

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