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FERDINAND BERTHOUD, AUTEUR DE L’ENCYCLOPEDIE

Rossella Baldi

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On attribue à Ferdinand Berthoud sept articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Néanmoins, sa contribution a probablement été plus importante. Le maître a vraisemblablement rédigé plus d’articles, mais il a également fourni quelques planches qu’il avait fait réaliser à ses frais pour l’Essai sur l’horlogerie. 

Pendant les vingt années de son déroulement, le projet de l’Encyclopédie subit de nombreux coups d’arrêt. Critiquée notamment par les milieux religieux, l’Encyclopédie est interdite en 1759, alors que les volumes de texte n’arrivent qu’à la lettre « G » et que les planches n’ont toujours pas été publiées. L’impression sera finalement reprise en 1765. Les articles « HorlogER »[1], « HorlogerIE »[2], « Pendule en tant qu’appliqué aux horloges (Horlogerie) »[3] et « Répétition (Horlogerie) »[4] de Ferdinand Berthoud ne paraissent donc qu’à cette date.

En réalité, les textes de Berthoud étaient déjà prêts à la fin de la décennie précédente. À l’occasion de la parution de L’art de conduire et de régler les montres et les pendules en 1759, sa collaboration à l’Encyclopédie est connue et soulignée par la presse parisienne. Ses articles sont caractérisés par leur clarté, leur précision et l’élégance de leur style. Il s’agit de véritables exposés. Comme le veut le format du dictionnaire au XVIIIe siècle, ils comportent souvent une introduction historique, même lorsqu’ils traitent d’outillage. En guise d’exemple, citons l’article « Fusée (Machine à tailler les) »[5] de Ferdinand Berthoud : il explique mieux que l’article « Fusée (Horlogerie) »[6], rédigé par Jean-Baptiste Le Roy, le fonctionnement et le but de cette pièce à l’intérieur d’un mécanisme. De plus, Berthoud n’oublie jamais d’ajouter à ses explications des exemples concrets permettant de mieux comprendre les procédés qu’il décrit. En effet, le maître excelle dans l’art de vulgariser ses connaissances. 

Le nombre d’articles rédigés par Berthoud, sept en tout, semble à première vue modeste comparé à la quantité fournie par d’autres rédacteurs. Toutefois, leur contenu et les jeux de renvois qu’ils comportent laissent à penser que la participation de l’horloger neuchâtelois à l’Encyclopédie a été plus conséquente que ce qu’elle ne paraît. Ainsi, l’article « Fendre (Machine à) »[7] mentionne un écrit sur la « Machine à fendre toutes sortes de nombres » qui ne figure pas parmi les articles du dictionnaire encyclopédique. Cette référence nous permet de comprendre que Berthoud, de ce fait, avait prévu une petite série d’articles sur les diverses sortes de machines à fendre. Dès lors, le court article Fendre (machine à) Fendre les roues de montres arbrées [8] doit probablement lui être attribué. Ce dernier annonce d’autre part une entrée « Machine à fendre les roues de rencontre » qui n’a pas été publiée non plus. Nous ignorons malheureusement les raisons pour lesquelles ces textes ont été écartés. Ferdinand Berthoud a par ailleurs contribué aussi au quatrième volume de planches, mettant à disposition de nombreuses gravures produites à l’origine pour l’Essai sur l’horlogerie, imprimé deux ans auparavant.

Sur la base de ces découvertes, il serait tentant d’attribuer d’autres articles à Ferdinand Berthoud. Les entrées « Montre à secondes »[9], « Rosette dans les montres » (Horlogerie)[10] et « Pignon, terme de Méchanique»[11], pour n’en citer que quelques-uns, rappellent fortement le style des articles du maître horloger. À défaut de sources et de preuves, contentons-nous pour l’instant de soulever l’hypothèse, tout en considérant l’ampleur de la collaboration de Berthoud à l’une des plus grandes œuvres du XVIIIe siècle.


LEGENDES

1)   Vue perspective de la machine du Sr. Hulot pour fendre les Roues de Montres et de Pendules, planche XXIV, coté ZZ, dessiné par Louis-Jacques Goussier et gravé par Bonaventure-Louis Prévost, in : « Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniques, avec leur explication », Paris : Briasson, David, Le Breton, vol. 4, 1765.

2)   Horlogerie, Montre à roue de rencontre, planche X, première suite, côté BB, dessiné par Jacques-Louis Goussier, gravé au burin par Robert Bernard, in : « Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniques, avec leur explication », Paris : Briasson, David, Le Breton, vol. 4, 1765.

3)  Horlogerie, Montre à réveil et montre à équation, à secondes concentriques, marquant les Mois et leurs Quantièmes, planche X, troisième suite, côté DD, dessiné par Jacques-Louis Goussier, gravé au burin par Robert Bernard, in : « Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux, et les arts méchaniques, avec leur explication », Paris : Briasson, David, Le Breton, vol. 4, 1765. 



[1] Vol. VIII, 1765, p. 302.

[2] Vol. VIII, 1765, p. 303.

[3] Vol. XII, 1765, p. 298.

[4] Vol. XIV, 1765, p. 133.

[5] Vol. VII, 1757, p. 393.

[6] Vol. VII, 1757, p. 391.

[7] Vol. VI, 1756, p. 482.

[8] Vol. VI, 1756, p. 490.

[9] Vol. X, 1765, p. 691.

[10] Vol. XIV, 1765, p. 370.

[11] Vol. XII, 1765, p. 615.