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EPISODE 2 - L'ART DE LA FUSÉE-CHAÎNE

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Pierre angulaire de l’horlogerie de précision, le principe de la fusée chaîne est un procédé datant du XVIe siècle. La Chronométrie Ferdinand Berthoud en a considérablement renouvelé la construction grâce à quatre développements novateurs.

C’est l’un des principes fondateurs de l’horlogerie traditionnelle. C’est aussi l’un des plus efficients, au sens premier du terme, l’optimisation de la consommation des ressources dans la production d'un résultat.

La fusée-chaîne est au cœur du mouvement FB-T.FC. Les deux dernières lettres en trahissent d’ailleurs la présence : « FC ». Pourquoi la fusée-chaîne conçue par la Chronométrie Ferdinand Berthoud est-elle différente des modèles adoptés jusque-là ?

Des bases posées il y a 500 ans

On parlera bien volontiers d’innovations et d’optimisation car, sur le fond, le principe de la fusée chaîne employée dans la FB 1 et FB 1R ne diffère pas du principe posé au XVIe siècle. Ce principe, c’est celui d’une régulation constante de l’énergie délivrée par le barillet, énergie appelée « couple ». Dans une construction traditionnelle sans fusée-chaîne, le barillet délivre son énergie suivant une courbe de couple imparfaite, à l’image d’une batterie qui, pleine, délivre beaucoup de puissance, laquelle irait en s’amenuisant à mesure que l’énergie viendrait à manquer.

Une montre mécanique de précision ne peut se contenter d’une énergie variable. Elle doit être constante, depuis l’armage du barillet jusqu’à son désarmage complet. La fusée-chaîne est un procédé de régulation de couple dit « à force constante ». Il fonctionne sur le principe d’une chaîne qui, partant du barillet, est enroulée sur un cône (la « fusée »). Lorsque celle-ci tourne, elle déroule la chaîne de bas en haut. A l’image d’un dérailleur de vélo, elle régule le couple transmis du barillet afin qu’il soit constant.

Un minutieux travail sur 792 composants

C’est une construction traditionnelle de Haute Horlogerie que la Chronométrie Ferdinand Berthoud a abordé de manière différente. Sa simplicité est gage de son efficacité mais la manufacture a pu en optimiser le fonctionnement. Déjà, par le design de la chaîne elle-même. Elle comporte plus de 790 composants, requérant près d’une journée d’assemblage manuel. Tous ont été optimisés pour offrir à la fois une résistance maximale doublée d’une friction minimale.

L’invention des guidages de chaîne

La manufacture a inventé un système de guidage innovant : fusée et tambour de barillet sont tous deux striés de rainures (dites ‘hélicoïdes’) qui forment autant de guidages dans lesquels s’insère la chaîne. Ces rainures permettent un parfait contrôle de la trajectoire de la chaîne lors de ses déplacements et, surtout, de ne pas dérailler lors de chocs.

En ajoutant une hélicoïde sur le tambour de barillet et en guidant de la sorte le bon déroulé de la chaîne, la manufacture pallie le problème de faible tension de la chaîne lorsque la montre est totalement désarmée, faible tension qui risquerait de la faire dérailler en cas de choc sur sa fin de la réserve de marche. En résumé, l’hélicoïde sur le tambour de barillet garantit le maintien de la chaîne en parfaite position jusqu’à son désarmage complet.

Une construction totalement inversée

Troisième particularité : la fusée-chaîne repose sur une platine traditionnelle sans être tenue par un pont supérieur. Elle adopte une construction verticale, suspendue, une construction par pilier qu’utilisait Ferdinand Berthoud lui-même dans ses chronomètres de marine. Le remontage est d’ailleurs lui aussi inversé : lorsque la couronne est actionnée, le propriétaire remonte en réalité la fusée qui, à son tour, grâce à la chaîne, entraine le barillet.

Pourquoi cette inversion ? Parce que dans une construction traditionnelle, le remontage direct du barillet est souvent très dur, opposant une grande résistance. Le remontage « par la fusée », couplé à un remontoir doté d’un pignon à denture conique et à une couronne de grand diamètre (9 mm) est beaucoup plus doux. Ce remontage par la fusée, dans une montre de poignet, est une première, brevetée comme telle.

Il y a enfin le sens de déroulé de la chaîne. Lors du remontage, elle se déroule depuis le tambour de barillet pour s’enrouler simultanément autour de la fusée. C’est le mouvement contraire qui se produit (la chaîne se déroule de la fusée vers le tambour de barillet) lorsque la pièce est en fonctionnement. Cette construction par la Manufacture Ferdinand Berthoud est à l’inverse du procédé traditionnel.

Près de 12 kilos de résistance

Il y a enfin la résistance de la chaîne. Fidèle à sa philosophie, la Chronométrie Ferdinand Berthoud a largement excédé les seuils de résistance que devait atteindre la chaîne. Concrètement, celle-ci devait être capable, pour fonctionner parfaitement, de supporter une traction de 2,5 kilos. Celle développée par la manufacture atteint presque le quintuple : 11,9 kilos.

Dernier détail propre à la fusée-chaîne Ferdinand Berthoud : c’est probablement le seul mouvement à force constante capable de démarrer au premier cran de remontage, par la couronne. Il suffit donc non pas d’un tour de couronne mais bien d’un simple cran de réarmage, correspondant à un maillon de chaîne, pour que la FB 1 batte de nouveau, avec une précision parfaitement égale à celle qu’elle aurait délivrée en étant intégralement remontée.

Le saviez-vous ?

Le principe de fusée-chaîne a été inventé au XVIe siècle pour pallier la mauvaise qualité des ressorts de barillet. Aujourd’hui, ces ressorts ont fait d’incroyables progrès de fiabilité. Ils ne sont néanmoins pas capables, par nature, de délivrer une force constante. La fusée-chaîne n’a, à ce titre, jamais été surpassée, même si sa complexité de conception, fabrication et assemblage la réserve à quelques rarissimes maisons de très haute horlogerie.

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